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Comment fonctionne une décolleteuse à poupée mobile ?

Sur une décolleteuse à poupée mobile, la matière se déplace et les outils restent en position. La poupée tient la barre en rotation, coulisse le long de l’axe de la machine et pousse la barre à travers un canon de guidage. Les outils attaquent la matière juste à la sortie du canon. La zone de coupe se trouve donc en permanence à quelques millimètres d’un appui.

Ce principe inverse celui du tournage classique. Sur un tour conventionnel, la pièce est serrée à une extrémité et l’outil parcourt sa longueur. Plus l’outil s’éloigne du point de serrage, plus la pièce fléchit sous l’effort de coupe, et plus la cote dérive.

La poupée mobile supprime ce bras de levier. La longueur usinable ne dépend plus de la rigidité de la pièce en porte-à-faux, mais de la course de la poupée. C’est ce qui autorise des pièces longues sur de très petits diamètres.

Les outils ne sont pas figés pour autant. Le terme « fixe » désigne leur position sur l’axe de la barre. Sur une décolleteuse CN, les outils de tournage se déplacent sur leurs propres axes pour prendre la passe. Des outils tournants viennent percer, fraiser ou tarauder, en radial comme en axial.

À quoi sert le canon de guidage ?

Le canon de guidage est une douille qui enserre la barre à la sortie de la broche, à quelques millimètres de l’outil de coupe. Il reprend les efforts radiaux au lieu de les laisser fléchir la barre.

Sans ce guidage, une barre de petit diamètre usinée sur plusieurs dizaines de millimètres vibrerait et perdrait sa cote.

Le canon impose une contrainte en amont : il se règle au diamètre de la barre, au jeu près. La matière doit donc arriver calibrée, sous forme étirée ou rectifiée, avec une tolérance de diamètre maîtrisée sur toute la longueur.

Pourquoi parle-t-on de tour « Swiss type » ?

Swiss type désigne la même machine que la décolleteuse à poupée mobile. L’appellation vient de l’origine horlogère du principe. L’invention du tour automatique à poupée mobile est attribuée à l’horloger suisse Jakob Schweizer, qui en met au point un prototype à commande par cames à Bienne, en 1872-1873. Nicolas Junker perfectionne ensuite la machine à Moutier, à partir de 1880, pour produire en série les vis et les pignons d’horlogerie, dont l’élancement se prêtait mal au tournage classique.

Les constructeurs anglo-saxons ont conservé le terme Swiss-type lathe, parfois traduit par tour à poupée coulissante. En français industriel, on dit décolleteuse à poupée mobile ou tour à poupée mobile. Fidemeca emploie l’expression Swiss Turning pour la part de son parc équipée de ces machines. Toutes ces désignations recouvrent la même architecture : broche coulissante, canon de guidage, outils en position.

Poupée mobile ou contre-poupée : quelle différence ?

Deux organes portent des noms voisins et remplissent des fonctions opposées. Sur un tour conventionnel, la poupée mobile, aussi appelée contre-poupée ou contre-pointe, se trouve face à la broche, à l’autre extrémité du banc. Elle n’entraîne pas la matière : elle soutient la pièce par une pointe et se règle en fonction de sa longueur. C’est un organe passif.

Sur une décolleteuse, la poupée mobile est la broche elle-même. Elle serre la barre, la met en rotation et la fait avancer vers les outils. Une même expression, donc, pour un organe de soutien d’un côté et pour l’organe moteur de l’autre. Dès qu’il est question de décolletage, la poupée mobile désigne la broche coulissante.

À retenir

  • Sur une décolleteuse à poupée mobile, la barre avance vers des outils en position, au lieu que l’outil parcoure la pièce.
  • Le canon de guidage soutient la barre à quelques millimètres de l’outil, ce qui limite la flexion et sécurise la cote sur les petits diamètres.
  • Décolleteuse à poupée mobile, tour à poupée mobile et Swiss type désignent la même architecture de machine.

De quoi se compose une décolleteuse CN à poupée mobile ?

Une décolleteuse CN à poupée mobile réunit cinq ensembles, pilotés en simultané par la commande numérique. Un embarreur alimente la machine en barres. La poupée mobile porte la broche, le canon de guidage tient la barre à la coupe. Un ou plusieurs peignes portent les outils de tournage et les outils tournants. Une contre-broche reprend enfin la pièce pour terminer sa face arrière.

La contre-broche saisit la pièce avant le tronçonnage, puis termine l’extrémité restée inaccessible. La pièce sort finie des deux côtés, sans reprise sur un autre poste et sans perte de référence dimensionnelle.

Combien d’axes et de broches ?

Le nombre d’axes mesure la complexité réalisable en une seule prise. Les tours à poupée mobile du parc Fidemeca comptent de 6 à 14 axes sur deux broches.

Les axes d’une décolleteuse travaillent en temps masqué : pendant que la broche principale tourne un profil, un outil tournant perce ou taraude la face arrière sur la contre-broche. Le temps de cycle se rapproche alors de celui de l’opération la plus longue de chaque phase, au lieu d’additionner les opérations. C’est là que se joue la productivité du procédé, autant que dans la vitesse de coupe.

Comment la barre est-elle alimentée ?

Un embarreur, aussi appelé ravitailleur de barres, stocke les barres à côté de la machine et les engage une à une dans la broche. Un poussoir maintient la barre en position pendant l’usinage, puis charge la suivante quand la précédente est consommée. La séquence se déroule sans intervention sur la machine, ce qui permet d’enchaîner de longues séries avec peu de présence humaine. Cette alimentation continue explique une partie de l’écart de cadence entre le décolletage et un tournage chargé pièce à pièce.

Quelles opérations réalise-t-elle ?

Une décolleteuse CN à poupée mobile enchaîne plusieurs opérations dans le même cycle : tournage, perçage, alésage, filetage et taraudage, fraisage, polygonage, moletage. La liste effective dépend de l’équipement de la machine et du nombre d’axes disponibles.

Un comparatif des décolleteuses par application détaille ces opérations et la reprise de face arrière pour les deux familles de machines.

À retenir

  • Une décolleteuse CN à poupée mobile associe un embarreur, une broche coulissante, un canon de guidage, des peignes porte-outils et une contre-broche.
  • Le travail en temps masqué réduit le temps de cycle à celui de l’opération la plus longue de chaque phase.
  • La contre-broche termine la face arrière sur la machine, ce qui évite une reprise et préserve les relations géométriques entre les deux faces.
expert usinage de précision FIDEMECA

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Quelles capacités et quelle précision attendre ?

Une décolleteuse à poupée mobile travaille des barres de petit diamètre, jusqu’à Ø38 mm chez Fidemeca. La coupe s’effectue toujours près du canon de guidage, ce qui tient la cote même sur des pièces longues. Sur ces machines, Fidemeca annonce une précision inférieure au centième de millimètre, selon la cote, la matière et la géométrie. Au-delà de Ø38 mm, la pièce relève d’une autre famille de machines.

Ces plages de capacité décrivent un domaine de faisabilité, pas une garantie de résultat. Diamètre, longueur, matière et nombre d’opérations interagissent. Une pièce en inconel, à la limite haute de l’élancement, ne se traite pas comme un axe en laiton de même géométrie.

Jusqu’à quel élancement peut-on aller ?

L’élancement rapporte la longueur usinée au diamètre de la pièce. Sur une décolleteuse à poupée mobile, il peut atteindre une trentaine de fois le diamètre, selon la matière et la géométrie. Un axe de Ø20 mm peut ainsi être usiné sur environ 600 mm de longueur.

Les longueurs de pièces vont jusqu’à 1 m, selon l’environnement de la machine et le système d’évacuation associé. Une pièce longue sort en effet de la zone d’usinage et doit être reçue sans marquage ni déformation.

Quelle précision dimensionnelle est tenue ?

La précision annoncée pour le décolletage de précision chez Fidemeca est inférieure au centième de millimètre.

La précision obtenue ne dépend pas de la seule machine. L’état de la barre, le choix de l’outillage, la stabilité thermique du bain de coupe et la longueur de la série pèsent tous sur la dispersion. Les tolérances réellement tenues se valident donc sur plan, avant lancement.

Paramètre Décolletage à poupée mobile chez Fidemeca
Diamètre de barre petits diamètres, jusqu’à Ø38 mm
Longueur de pièce jusqu’à 1 m
Élancement (longueur / diamètre) jusqu’à une trentaine de fois le diamètre, selon matière et géométrie
Précision inférieure au centième de millimètre, selon la cote, la matière et la géométrie
Axes et broches 6 à 14 axes, 2 broches
Séries visées moyennes et grandes séries ; les petites séries et les prototypes relèvent des autres moyens du parc
Matières décolletées acier, inox, titane, aluminium, inconel, fer pur, alliages cuivreux, plastiques techniques
Au-delà de Ø38 mm décolletage à poupée fixe jusqu’à Ø65 mm, puis tournage de précision

À retenir

  • Le domaine de la poupée mobile chez Fidemeca s’étend jusqu’à Ø38 mm de diamètre de barre, sur des pièces dont la longueur peut atteindre une trentaine de fois le diamètre.
  • Chez Fidemeca, la précision tenue sur ces machines est inférieure au centième de millimètre, selon la cote, la matière et la géométrie de la pièce.
  • Les tolérances applicables à une pièce donnée se confirment sur plan, matière et série connues.

Quelles pièces produit-on sur une décolleteuse à poupée mobile ?

Le procédé produit des pièces de révolution élancées, à tolérance serrée, en série. Axes, vis, raccords, connecteurs et embouts en sont les familles les plus courantes. Toutes partagent la même contrainte : une cote fonctionnelle qui ne tolère pas la flexion.

Les familles de pièces concernées, tous secteurs confondus :

  • axes et arbres de transmission ;
  • visserie et ancillaires chirurgicaux, notamment en inox et en titane ;
  • connecteurs et contacts en alliages cuivreux pour l’électronique ;
  • raccords et embouts hydrauliques ou pneumatiques ;
  • composants d’horlogerie, marché d’origine du procédé.

Chez Fidemeca, le décolletage couvre l’aéronautique, le spatial, la défense, le médical, l’énergie, le ferroviaire, la mobilité et les machines industrielles. Les réalisations d’usinage et de décolletage publiées donnent la mesure du champ traité. On y trouve des raccords en inconel et des tubes de bobines en alliage cuivreux pour l’aéronautique. Le fer pur y sert aux bobines de cœurs électriques d’avions de ligne. La liste comprend aussi des vis implantables en inox, une plaque orthopédique implantable en titane et des galets de dérailleurs. La famille de machines retenue dépend ensuite du diamètre et de l’élancement de chaque pièce.

À retenir

  • Le décolletage à poupée mobile produit en série des pièces de révolution élancées et à tolérance serrée : axes, visserie, connecteurs, raccords et embouts.
  • Chez Fidemeca, ces pièces alimentent l’aéronautique, le spatial, la défense, le médical, l’énergie, le ferroviaire, la mobilité et les machines industrielles.

Le décolletage à poupée mobile chez Fidemeca

Fidemeca décolette en poupée mobile sur un parc de tours allant jusqu’à 14 axes sur deux broches. Le Swiss Turning y représente environ 70 % du parc de machines CNC. Le décolletage de précision de l’entreprise s’appuie sur ces moyens.

L’atelier compte une quinzaine de ces tours, tous de marque STAR ou CITIZEN, les deux constructeurs qui équipent la cellule. Fidemeca publie ses investissements machine, comme l’arrivée d’un tour à poupée mobile STAR SR-32. Les machines travaillent sur le même site, à Sainte-Florence en Vendée.

Le site accueille aussi une cellule de tours à poupée fixe bi-broches jusqu’à Ø65 mm. Des moyens de tournage et de fraisage traitent les géométries hors barre. Une pièce passe d’un procédé à l’autre sans changer de fournisseur.

Le contrôle suit le même principe d’intégration : le parc métrologique compte plusieurs milliers d’instruments. Fidemeca est certifié ISO 9001 depuis 2003 et EN 9100 depuis 2013, référentiel aéronautique, spatial et défense. Le parc machines détaille l’ensemble de ces moyens.

À retenir

  • Fidemeca décolette en poupée mobile sur une quinzaine de tours STAR et CITIZEN, de 6 à 14 axes et deux broches.
  • Le site de Sainte-Florence réunit la poupée mobile, la poupée fixe jusqu’à Ø65 mm et des moyens de tournage et de fraisage, sous certification ISO 9001 et EN 9100.

La poupée mobile n’est pas une variante marginale du décolletage. C’est l’architecture qui rend possible la pièce fine et longue à tolérance serrée, et tout s’y joue sur la distance entre le canon de guidage et l’outil. Reste à confronter cette capacité à une pièce réelle : diamètre, élancement, matière et volume annuel suffisent le plus souvent à trancher la faisabilité.

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Poupée mobile ou poupée fixe : quelle différence ?

La différence tient au maintien de la barre. Sur un tour à poupée mobile, la barre coulisse à travers un canon de guidage et vient au contact d’outils en position, ce qui autorise des pièces élancées de petit diamètre. Sur un tour à poupée fixe, la barre reste tenue en broche et ce sont les outils qui se déplacent. Le diamètre usinable monte plus haut, jusqu’à Ø65 mm chez Fidemeca, mais les longueurs réalisables sont plus courtes. Le diamètre de la pièce exclut donc mécaniquement une famille de machines, et son élancement décide ensuite. Les critères qui départagent les deux familles sont détaillés dans le comparatif entre poupée mobile et poupée fixe.

Peut-on décolleter l’inox et le titane sur une décolleteuse à poupée mobile ?

Oui. Fidemeca décolette l’acier, l’inox, le titane, l’aluminium, l’inconel, le fer pur, les alliages cuivreux et les plastiques techniques. La matière ne change pas la famille de machines, mais elle change les conditions de coupe. L’inox, le titane et l’inconel imposent des vitesses plus basses, des outils spécifiques et une évacuation maîtrisée des copeaux. Le temps de cycle s’allonge, la longueur usinable sans reprise se réduit. Les alliages cuivreux et l’aluminium acceptent au contraire des vitesses élevées et de fortes cadences. Sur les alliages difficiles, le choix de la nuance se prépare avec le bureau d’études, dès la conception de la pièce.