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Quels sont les différents types de décolletage ?

Le décolletage se répartit en deux grandes familles de machines. Sur un tour à poupée mobile, la barre coulisse à travers un canon de guidage et vient au contact d’outils fixes. Sur un tour à poupée fixe, la barre reste tenue en broche et ce sont les outils qui se déplacent. Une troisième famille, le décolletage multibroche, produit de très grandes séries de pièces simples. Le nombre d’axes et de broches détermine ensuite la complexité réalisable en une seule prise.

Si la notion même de procédé vous est peu familière, l’article qu’est-ce que le décolletage en pose la définition.

Le décolletage à poupée mobile

Sur une décolleteuse à poupée mobile, le canon de guidage soutient la barre à quelques millimètres de l’outil de coupe. Cette proximité limite la flexion. Le procédé convient donc aux pièces élancées : petit diamètre, grande longueur, tolérances serrées.

Fidemeca décolette de Ø1 à Ø38 mm sur cette famille de machines, sur tous métaux, en moyennes et grandes séries. Les tours du parc comptent de 6 à 14 axes. Outils de tournage fixes et outils tournants travaillent en temps masqué, pendant que la barre avance.

Un article dédié détaille le fonctionnement de la décolleteuse à poupée mobile, ses organes et ses réglages.

Le décolletage à poupée fixe

Sur un tour à poupée fixe, la barre ne se déplace pas dans un canon : elle reste serrée en broche. Le diamètre usinable monte plus haut, jusqu’à Ø65 mm chez Fidemeca, mais les longueurs réalisables sont plus courtes qu’en poupée mobile.

L’atout de cette famille est la reprise. Les tours bi-broches à deux ou trois tourelles transfèrent la pièce à une contre-broche. La contre-broche termine la face arrière pendant que la broche principale attaque la pièce suivante. La pièce sort finie des deux côtés, sans reprise manuelle et sans perte de référence dimensionnelle. Certains tours disposent d’un axe B, qui oriente l’outil et élargit les géométries accessibles en une seule prise.

Un tour mono-broche à poupée fixe couvre le même domaine de diamètre. Il convient aux pièces qui demandent peu d’opérations en face arrière, souvent une simple reprise de finition.

Qu’est-ce que le décolletage multibroche ?

Une décolleteuse multibroche porte plusieurs broches qui usinent simultanément autant de barres. Chaque broche exécute une opération différente, et la pièce se termine après un tour complet du barillet. Le temps de cycle par pièce devient très court, ce qui destine ce principe aux très grandes séries de géométries simples. Dès que la pièce se complique ou que la série reste moyenne, le décolletage CN monobroche redevient le choix logique. Il se reprogramme plus vite et accepte des formes que le multibroche ne sait pas produire. Le sujet est développé dans l’article consacré au décolletage multibroche.

Poupée mobile ou poupée fixe : le comparatif

Critère Décolletage à poupée mobile Décolletage à poupée fixe
Diamètre de barre Ø1 à Ø38 mm Ø4 à Ø65 mm
Longueur de pièce Grandes longueurs possibles Pièces plus courtes
Élancement (longueur / diamètre) Élevé, barre guidée au plus près de l’outil Modéré
Reprise de la face arrière Oui, en temps masqué Oui, par contre-broche
Nombre d’axes (parc Fidemeca) 6 à 14 axes Jusqu’à 8 axes, axe B sur certains tours
Séries visées Moyennes et grandes séries Petites, moyennes et grandes séries

À retenir sur les types de décolletage

  • Le décolletage à poupée mobile guide la barre au plus près de l’outil, ce qui autorise des pièces élancées de petit diamètre sur de grandes longueurs.
  • Le décolletage à poupée fixe monte plus haut en diamètre, jusqu’à Ø65 mm, et termine les deux faces de la pièce grâce à la contre-broche.
  • Le décolletage multibroche vise les très grandes séries de pièces simples, pas les géométries complexes.
expert usinage de précision FIDEMECA

Vous avez un projet de décolletage ? Je suis à l'écoute pour vous conseiller et vous accompagner dans votre projet.

Comment choisir le type de décolletage adapté à votre pièce ?

Quatre paramètres décident : diamètre de la barre, élancement de la pièce, reprise en face arrière, volume de la série. Le diamètre tranche en premier, parce qu’il exclut mécaniquement une famille de machines. En dessous de Ø38 mm, avec une pièce longue et fine, la poupée mobile s’impose. Entre Ø38 et Ø65 mm, ou pour une pièce courte à forte reprise, la poupée fixe est plus adaptée.

Le diamètre et l’élancement de la pièce

Le diamètre de la barre fixe la famille de machines. L’élancement, c’est-à-dire le rapport entre la longueur usinée et le diamètre, fixe ensuite la faisabilité à l’intérieur de cette famille.

Une pièce fine et longue fléchit sous l’effort de coupe. Le canon de guidage de la poupée mobile compense ce phénomène : il soutient la barre juste avant l’outil. La géométrie tient sur toute la longueur usinée. C’est pourquoi un axe, une broche ou une vis longue part en poupée mobile, même quand son diamètre autoriserait les deux familles.

À l’inverse, une pièce courte de gros diamètre n’a pas besoin de ce guidage. Elle gagne à être produite en poupée fixe, où la rigidité de la broche et la puissance disponible permettent des passes plus importantes.

À partir de quelle quantité le décolletage est-il pertinent ?

Le décolletage devient intéressant dès que le nombre de pièces amortit le temps de réglage. Une décolleteuse demande une préparation : programmation, montage et préréglage des outils, mise au point de la première pièce. Ce temps est fixe, quel que soit le nombre de pièces produites ensuite. Plus la série est longue, plus il se dilue dans le coût unitaire.

Le parc Fidemeca couvre les petites séries comme les grandes. Les tours à poupée fixe traitent des petites, moyennes et grandes séries ; les tours à poupée mobile, des moyennes et grandes séries. Il n’existe pas de seuil universel. Une pièce complexe en inconel peut justifier le décolletage sur quelques centaines d’exemplaires ; une pièce simple en laiton, seulement à partir de plusieurs milliers.

La matière change-t-elle le choix du type de décolletage ?

La matière ne change pas la famille de machines, mais elle change les conditions de coupe, l’outillage et le temps de cycle. Fidemeca décolette l’acier, l’inox, l’aluminium, le titane, l’inconel, les alliages cuivreux, le fer pur et les matières plastiques techniques.

Les alliages cuivreux et l’aluminium se prêtent aux vitesses élevées et aux grandes cadences. L’inox, le titane et l’inconel imposent des vitesses plus basses, des outils spécifiques et une évacuation maîtrisée des copeaux. Le temps de cycle s’allonge, la longueur usinable sans reprise se réduit. Sur ces matières, un décolletage inox ou en superalliage se prépare avec le bureau d’études, dès la conception de la pièce.

À retenir sur le choix du procédé

  • Le diamètre de barre exclut une famille de machines, l’élancement décide ensuite de la faisabilité.
  • Une pièce longue et fine part en poupée mobile, une pièce courte de gros diamètre en poupée fixe.
  • La matière ne change pas la machine mais conditionne les vitesses de coupe, l’outillage et le temps de cycle.

Quelles opérations peut-on réaliser sur une décolleteuse ?

Une décolleteuse CN moderne ne fait pas que tourner. Elle réalise le tournage, le perçage, le taraudage, le filetage et le fraisage. Ces opérations portent sur la face avant comme sur la face arrière. La machine exécute la plupart de ces opérations en temps masqué, pendant qu’un autre outil travaille. De là viennent les cadences du procédé.

Peut-on usiner les deux faces d’une pièce décolletée ?

Oui, et sans reprise manuelle. Sur les tours à poupée mobile, des outils dédiés attaquent la face arrière. La face avant est alors encore en cours d’usinage. Sur les tours à poupée fixe, la contre-broche reprend la pièce tronçonnée et termine la face arrière dans le même cycle. Dans les deux cas, la pièce reste référencée par la machine, ce qui évite la dispersion dimensionnelle d’une reprise sur un autre poste. C’est un point décisif quand le plan impose une coaxialité ou une perpendicularité entre deux faces. Les géométries qui restent inaccessibles en une seule prise, comme certains usinages transversaux profonds, sont reprises en fraisage sur centre d’usinage.

Après décolletage, la pièce passe en parachèvement selon les exigences du plan : roulage, ébavurage, tribofinition, microbillage, dégraissage, gravure laser. Ces moyens font partie du parc machines de Fidemeca, sur le même site.

À retenir sur les opérations réalisables

  • Une décolleteuse CN réalise le tournage, le perçage, le taraudage, le filetage et le fraisage en une seule prise.
  • La reprise de face arrière se fait sur la machine, ce qui préserve les relations géométriques entre les deux faces.
  • Les opérations de parachèvement sont réalisées en interne, après décolletage.

Que faire si la pièce dépasse les capacités du décolletage ?

Au-delà de Ø65 mm, la pièce sort du domaine du décolletage. Elle relève du tournage de précision, de Ø65 à Ø350 mm chez Fidemeca, sur tours CNC 2 à 4 axes à contre-pointe numérique. Le procédé change, mais l’exigence dimensionnelle reste la même.

Le raisonnement vaut aussi pour la forme. Une pièce prismatique, non issue d’une barre, n’a pas de raison de passer par le décolletage. Le fraisage sur centre d’usinage la traite jusqu’à 400 mm au cube, y compris en 5 axes pour les géométries complexes. Les pièces à tolérances serrées et à contrôle renforcé relèvent, elles, de la mécanique de précision.

Ces trois procédés cohabitent sur le même site. Une pièce circule de l’un à l’autre sans changer de fournisseur. C’est aussi ce qui distingue une entreprise de décolletage intégrée d’un atelier spécialisé sur un seul procédé.

Quels secteurs utilisent le décolletage, et pour quelles pièces ?

Le décolletage adresse tous les secteurs qui consomment des pièces de révolution en série, avec des exigences dimensionnelles fortes. Chez Fidemeca, les applications couvrent l’aéronautique, le spatial, la défense, le médical, l’énergie, le ferroviaire, la mobilité et les machines industrielles. Elles s’inscrivent dans un système qualité certifié ISO 9001 et EN 9100.

Quelques exemples de pièces décolletées :

  • des raccords en inconel et des bornes de connexion en aluminium pour l’aéronautique ;
  • des vis implantables en inox pour le médical ;
  • des raccords gaz en acier pour les énergies nucléaires ;
  • des galets de dérailleurs pour le vélo ;
  • des tubes de bobines en alliage cuivreux pour des applications de défense.

La connectique et les raccords constituent le segment historique du procédé. D’autres exemples figurent dans nos réalisations en décolletage.

Ces pièces partagent une même logique : une géométrie de révolution, une tolérance qui ne pardonne pas, et un volume qui justifie l’automatisation.

Choisir le bon procédé avant de consulter

Le choix du type de décolletage n’est pas une préférence d’atelier : il découle de la pièce. Diamètre, élancement, reprise de face arrière et volume de série suffisent, dans la grande majorité des cas, à désigner la bonne famille de machines. Les cas limites, eux, se tranchent sur plan.

Vous avez un plan de pièce de révolution à produire en série ? Présentez votre cahier des charges à Fidemeca pour identifier le procédé adapté et étudier la faisabilité. Notre offre complète est présentée sur la page décolletage de précision.

Présenter votre cahier des charges

Questions fréquentes sur le décolletage

Décolletage ou tournage : quelle différence ?

Le décolletage et le tournage produisent tous deux des pièces de révolution par enlèvement de matière. Ils ne partent ni de la même matière première ni des mêmes volumes. Le décolletage usine en continu à partir d’une barre ou d’un fil métallique, alimenté par un embarreur. La machine enchaîne les pièces sans intervention, ce qui destine le procédé à la série. Le tournage part le plus souvent d’un lopin ou d’une pièce préformée, sur des diamètres plus importants. Le chargement se fait à l’unité ou par un système de reprise. En pratique, une pièce de moins de Ø65 mm produite en série part en décolletage. Une pièce plus grosse, ou produite en petite quantité, part en tournage de précision.

Quelles informations transmettre pour chiffrer une pièce décolletée ?

Un chiffrage de décolletage demande cinq éléments :

  • le plan de la pièce, coté et tolérancé ;
  • la matière et son état de livraison ;
  • la quantité annuelle et la taille des lots ;
  • les exigences de finition et de traitement ;
  • les exigences de contrôle et de traçabilité si la pièce est critique.

Le plan reste la base : il détermine le procédé, le nombre d’axes nécessaires et les reprises. Un modèle 3D accélère l’analyse de fabricabilité, mais il ne remplace pas le plan coté. Quand la pièce n’est pas figée, le bureau d’études de Fidemeca intervient en amont, sur le choix de la matière, des tolérances et de la géométrie.